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Damien Grimont passe à l'attaque et vise le podium | | Enfin le ciel bleu et le soleil ! | | Crédit photo : Damien Grimont |
Oubliés le passage de front, les orages, les grains et les bulles, qui ont fait perdre du terrain à Damien Grimont sur la tête de la flotte, en fin de semaine dernière. Profitant enfin de conditions météo beaucoup plus propices au plaisir de naviguer, le skipper de Monbana est prêt pour partir à la conquête d’une belle place d’honneur. Pointé en cinquième position, à moins de quinze milles de la troisième marche du podium, son âme de compétiteur se révèle et ses ambitions s’élèvent. Serein et respectueux de ses adversaires, le Morbihannais borde la grand voile et compte bien faire parler l’écume !
Un match final à suspense, sous le soleil !
On n’y est pas encore, mais presque ! A un peu plus de 500 milles de l’arrivée à Pointe-à-Pitre, ça commence à sentir bon le rhum pour Damien Grimont. A bord de Monbana, le skipper morbihannais profite enfin des premiers rayons de soleil. Un bien fou, qui vous booste le moral d’un solitaire, après plus de quinze jours de conditions météo souvent houleuses, parfois dantesques. « En choisissant l’option nord, on a plutôt pris l’autoroute Paris - Lille que Paris - Marseille (rires) ! On a eu très peu de soleil depuis le départ. On le retrouve enfin, c’est génial, savoure Damien. Et puis ce bateau qui se soulevait toutes les trois minutes pour retomber dans un vacarme absolument effrayant, ça durait depuis trop longtemps. Ça fait vraiment du bien quand cela s’arrête. » Toutes les conditions sont donc réunies aujourd’hui pour vivre un final fabuleux. Car si, devant, Thomas Ruyant et Nicolas Troussel semblent avoir la mainmise sur les deux premières places, derrière, le match pour la troisième marche du podium reste indécis et s’annonce intense entre cinq bateaux. A peine plus de 50 milles séparent, au dernier pointage, l’Allemand Jorg Riechers (3ème sur Mare.de) de Jean-Edouard Criquioche (7ème sur Groupe Picoty). Actuellement cinquième à 14 milles de Jorg Riechers, Damien Grimont aurait sans doute signé des deux mains pour une telle place avant le départ. Mais aujourd’hui si prêt du podium, il semble bien décider à ne rien lâcher…
Respectueux mais pas moins compétiteur
« Je suis en bonne forme, d’attaque pour mener la machine au maximum de son potentiel. » Damien Grimont annonce la couleur. En toute sérénité et avec un plaisir non dissimulé, le skipper de Monbana s’apprête à livrer une belle bataille avec ses compagnons solitaires, non sans un certain respect mutuel : « Quand tu es trois semaines au contact des autres comme ça, il y a une espèce de complicité qui s’installe. Un coup tu es au contact, un coup devant, un coup derrière. Il n’y a pas de compétition au sens "Je vais le manger", mais plutôt un jeu assez sain entre nous. » N’empêche que l’envie de combattre reste plus forte que tout. Il faut dire, pour reprendre l’une de ses expressions, « qu’après avoir dévalé les pentes de l’Annapurna dans l’option nord », se retrouver à jouer une place sur le podium est l’occasion unique de concrétiser l’un de ses plus grands rêves… Pour y parvenir, toutes les cartes météo sont passées au peigne fin. « Le vent va mollir un peu dans les douze prochaines heures. J’ai l’œil rivé sur les cartes pour trouver le meilleur passage. J’essaie de me décaler le plus possible pour rester dans la pression, parce que devant il y a un "mur" qui peut faire des écarts spectaculaires. Ça peut aller très vite. On l’a vu avec moi, une nuit où je suis tombé dans un orage, avec pas mal de grains et où j’ai perdu 50 milles en quelques heures. »
Encore un peu de lyophilisé avant le festin à l’arrivée… vendredi 19 ?
A l’approche des Antilles, mieux vaut garder des forces, car « 500 milles c’est la fois beaucoup et peu », dixit Damien Grimont. Côté nourriture, l’Arradonais a manifestement bien calculé. « Je suis content parce que je n’ai ni trop, ni pas assez. J’ai du pain bio incroyable, je me coupe des tranches comme s’il était frais d’hier ! J’ai encore des fruits et des petites tomates très bonnes. C’est sympa de voir qu’on peut encore manger des produits frais après presque vingt jours. » Malheureusement, les sachets lyophilisés ont encore la part belle… Or, s’il avouait parfaitement s’en accommoder au départ de Saint-Malo, Damien en a désormais « raz le bol ! Au début on choisit les plats, mais après, quand on voit qu’ils ont tous le même goût, on ferme les yeux et on prend n’importe lequel. » Patience, les bons repas ne sont plus qu’à quelques milles… Les routages annoncent une arrivée le samedi 18 au soir, mais le skipper de Monbana se montre plus prudent, sachant aussi pertinemment qu’avec les courses à la voile, on sait toujours quand on part, rarement quand on arrive. « Je vois bien une arrivée le 19, à la tombée de la nuit, pour faire une belle fête. Je n’ai jamais eu trop de chance avec les heures d’arrivée aux Antilles. J’aimerais bien que ça change. Allez, disons le vendredi 19, à 17h, heure locale. Ce serait parfait ! » Une troisième place en prime serait une belle cerise sur le gâteau, déjà si beau.
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