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48 heures décisives pour continuer à espérer... | | Coucher de soleil à bord de Monbana | | Crédit photo : Damien Grimont |
Haletante et passionnante, la course à la victoire finale en Class’40 tient toutes ses promesses. Après avoir comblé hier une bonne partie de son retard sur le leader Thomas Ruyant, Damien Grimont (Monbana) ne pointe désormais plus qu’à une centaine de milles de la tête de la flotte. Aux deux-tiers de la course et à l’approche des Antilles, les phénomènes météo sont de plus en plus compliqués à analyser et à maitriser. Contraints de progresser à nouveau au près, l’homme et la mécanique sont mis à rude épreuve. Mais une place sur le podium de la reine des transats est à ce prix… Dans le sillage du trio de tête, tous les espoirs sont permis pour le skipper de Monbana.
80 milles comblés sur le leader en 24 heures
On commence à y voir un peu plus clair. On commence seulement… Il y a de grandes chances que le vainqueur de la Route du Rhum 2010 en Class’40 occupe à l’heure qu’il est l’une des sept premières places du classement. De Thomas Ruyant (Destination Dunkerque), le leader, à Jean-Edouard Criquioche (Groupe Picoty, 7ème à 172 milles), tout le monde peut encore espérer. Entre les deux, Damien Grimont, bien calé en quatrième position au dernier pointage de 4h ce matin, est dans le coup, aujourd’hui plus que jamais. Sur la seule journée d’hier, le skipper de Monbana a repris, à l’instar des autres poursuivants, pas moins de 80 milles à Thomas Ruyant. A l’origine de ce beau rapproché, une dépression stationnaire située au nord des Antilles, dont le franchissement du front est un véritable casse-tête. Pris dans la pétole hier, Thomas Ruyant l’a déjà constaté. Damien Grimont aimerait bien ne pas l’imiter…
Observer… et subir !
Joint hier soir, le skipper de Monbana confiait être quelque peu impuissant face à ce « mur » se dressant sur sa route : « Je passe l’essentiel de mon temps à essayer de piocher un maximum d’informations météo, par rapport à la position du front. Sur les trois dernières cartes, j’ai vu qu’il n’avançait plus vers nous. C’est ultra périlleux, car si ce front avance un peu, il peut nous rester dessus... En clair, c’est un peu lui qui décide. On est dans une situation où l’on subit la météo. » Pour passer entre les mailles du filet, autrement dit éviter la bulle, il va donc falloir jouer serré !
D’ici 48 heures, une nouvelle dépression devrait croiser l’étrave de Monbana. « Celle-ci pourrait nous faire mal », prévient Damien Grimont. Loin d’être le seul dans cette situation, il estime que l’inquiétude plane en ce moment au-dessus de tous les bateaux de la flotte nord. « Je crois qu’on se demande tous à quelle sauce on va être mangés. Dans des mers hachées, croisées, ça va être à nouveau casse-bateaux ! Il va donc falloir être prudent. Mais c’est sûr que se retrouver dans cette zone du parcours avec les conditions du Golfe de Gascogne en hiver, c’est un peu vexant. »
Du près encore et toujours
Après avoir mangé du près, pendant toute la première partie de course, et avoir espéré, vainement, l’arrivée de l’alizé, Monbana et Damien Grimont vont donc devoir remettre le couvert, au grand désarroi de ce dernier : « Physiquement, je suis pas mal parce que j’ai réussi à bien gérer mes phases de sommeil et à m’alimenter correctement. Par contre, il y a une espèce de fatigue morale qui s’installe à force de faire du près. Quand tu es au portant, le bateau est stable, c’est très appréciable. Mais là… » Rageant ! D’autant plus quand on connait les qualités du Morbihannais lorsque le vent souffle dans son dos. Le figariste Armel Tripon, l’un de ses amis, confirme : « Damien, au portant, il envoie les chevaux et peut mettre tout le monde d’équerre ! » Malheureusement, avec ce vent de face perpétuel, l’occasion de surfer ne s’est jusqu’ici que trop rarement présentée. « C’est le plus fort dans sa tête qui ira décrocher la victoire », ajoute Damien Grimont. Pour tenir, rien de tel que le chocolat ! Quelques tablettes Monbana, chapardées à la boutique de Saint-Malo au cours d’une séance de dédicaces, ont ainsi permis à Damien de fêter comme il se doit le passage de la mi-course cette semaine. Mais loin d’être rassasié, il a encore l’appétit aiguisé. Il reste quelques 1200 milles à avaler et tout reste à jouer.
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