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Toujours en embuscade | | Image de bord pendant la course | | Crédit photo : Damien Grimont |
A un peu moins de 2000 milles de l’arrivée à Pointe-à-Pitre, la partie d’échec est encore loin d’être terminée pour Damien Grimont et les 41 Class’40 encore en course. Le skipper de Monbana, toujours quatrième, reste solidement installé aux avant-postes. Progressant avec du vent portant depuis le passage du front, il est cependant menacé par l’arrivée d’une zone sans vent et perd régulièrement du terrain sur le leader Thomas Ruyant. Les cartes météo sont donc scrupuleusement étudiées par le Morbihannais, qui n’a pas abattu toutes ses cartes…
Enfin du vent portant mais des petits airs menaçants
Dans la nuit de vendredi à samedi, Damien Grimont a passé le front, comme tous ses petits camarades nordistes. En quelques centaines de mètres seulement, les flux de sud-ouest ont laissé place aux flux de nord-est. Un exercice d’équilibriste et un moment délicat, dont le skipper de Monbana s’est sorti sans encombre, mais non sans quelques sueurs froides. « Cela a été une nuit très difficile avec des pointes de vitesse à plus de 20 nœuds au compteur du GPS, confiait-il samedi après-midi. J'ai dû remettre la combinaison de survie à cause de l'air froid de l'anticyclone et des vagues sur le pont. » Après n’avoir connu que du près depuis le départ, Monbana progresse donc désormais avec du vent portant. Mais le plaisir de la glisse, ce n'est pas pour tout de suite. Depuis quelques heures, Damien Grimont s’attache surtout à fuir au plus vite l’anticyclone des Açores. Une zone de hautes pressions, dont les petits airs se font de plus en plus menaçants, depuis ces dernières 24 heures, et qui ont pour conséquence de réduire la vitesse de croisière de Monbana.
Ambiance studieuse en cabine
Si le potentiel des bateaux et le talent des marins ont une part importante dans les performances pures, la science de la météo est primordiale pour briller sur une course telle que le Rhum. Avant le départ, Dominic Vittet, le directeur technique du team, avait multiplié les briefings avec Damien, afin que ce dernier appréhende du mieux possible les premiers milles. Mais pendant la course, en l’absence de routage en Class’40, Damien doit étudier seul et surtout être capable d’anticiper. « Paradoxalement et contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent penser, on passe beaucoup de temps derrière l'ordinateur à essayer de comprendre ce qui se passe, explique le skipper arradonais. Mino (Dominic Vittet, ndlr) m'avait préparé des raccourcis internet pour aller chercher les infos au bon endroit. Du coup j'arrive à faire rapidement ma propre analyse de façon claire. Je parviens à voir ce qui commence à se profiler au-delà de huit jours. Il ne suffit pas d'avoir une route à trois jours. Je vois qu'il y a une grosse dépression qui arrive sur les modèles dans quatre à cinq jours. Elle remonte et peut donc perturber l'alizé. Les jours à venir vont être très intéressants. »
Les écarts se creusent
Depuis le passage du front, la course se décante. En tête de la flotte, Thomas Ruyant (Destination Dunkerque) impose un rythme infernal et fait parler l’écume. Le ch’ti gars du Nord ne cesse de creuser, petit à petit mais avec minutie, l’écart sur ses poursuivants directs. Yvan Noblet (2ème à 84 milles sur Appart’City), Samuel Manuard (3ème à 97 milles sur Vecteur Plus) et donc Damien Grimont (4ème à 129 milles) tentent tant bien que mal de limiter la casse. Le skipper de Monbana, impressionné par la vitesse du plan Verdier du jeune mais non moins talentueux Ruyant, n’a pourtant pas dit son dernier mot. « Les bateaux ont des allures plus ou moins favorables selon d'où vient le vent, donc on va voir comment ça se passe dans les prochains jours. Il n’y a rien de définitif. Et puis le terrain de foot est tellement grand ici, c’est l’Atlantique ! Il y a encore beaucoup de coups tactiques à jouer. » Le retour des partisans de la route sud, comme Nicolas Troussel (Crédit Mutuel de Bretagne), Pete Goss (DMS) ou encore Damien Seguin (Des Pieds et des Mains), est également à surveiller de près. Sous spi et sous le soleil depuis un bon moment, avec des surfs à rendre jaloux les nordistes comme Damien Grimont, les sudistes sont les seuls à grappiller du terrain sur la tête de course… A l’approche de la mi-course et du regroupement de la flotte, le suspense est donc garanti !
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